Introduction à la citoyenneté numérique : Différence entre versions

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== Eléments à aborder ==
 
 
- changements cognitifs
 
 
- quêtes de repères
 
 
- écologie numérique
 
 
- apprentis sorciers de la science
 
 
- science sans conscience, éveil des consciences
 
 
- digital natives
 
 
- inspirations de la culture libre
 
 
- mouvement de la cybernétique 40-50, qui a inspiré Internet et inspiré l'école de Palo Alto
 
 
- distinction éthique (libre),  innovation (open) et domination (privative) comme fil rouge
 
 
- livre "les pieds nus"
 
 
- photocopier possible
 
 
- militantisme
 
 
- le fait que l'argument principal pour la culture libre, c'est l'intérêt pour les PME, pour l'économie locale, qui profite pleinement d'un bien commun alors qu'elle souffre d'une privatisation de la connaissance
 
 
- il faut 5 ans pour digérer mais ce livre donne un coup d'accélérateur à votre intégration aux mondes numériques, en vous évitant de tâtonner en aveugle
 
 
 
=== Cinq ans pour digérer ===
 
=== Cinq ans pour digérer ===
  
Essayer de comprendre Internet, c'est risquer de se stresser. Alors que faire ? Se laisser manger tout cru par les pédophiles, les arnaqueurs et l'infobésité qui nous guette ? Larguer tout et redevenir chasseur-cueilleur ? Attendre d'avoir fait plein de bêtises pour constater les dégâts, crier au scandale et prendre les « mesures qui s'imposent » ? Ou rester dans l'inertie de son cocon d'amis sur Facebook, où au moins on peut parler de trucs légers, futiles, rigoler un bon coup sans se prendre la tête à analyser l'impact de ses actes.  
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Débuter sur Internet en 2011, c'est risquer de céder au stress. Alors que faire ? Trembler devant les pédophiles, les arnaqueurs et l'infobésité qui nous guettent ? Tout larguer et redevenir chasseur-cueilleur ? Attendre d'avoir fait inconsciemment plein de bêtises pour constater les dégâts, puis crier au scandale et prendre les « mesures qui s'imposent » ? Ou rester dans l'inertie de son cocon d'amis sur Facebook, où au moins on peut parler de trucs légers, futiles, rigoler un bon coup ''sans se prendre la tête'' à analyser l'impact de ses actes.
 
 
Dans ce livre, nous proposons une autre option : aborder les enjeux fondamentaux le plus simplement possible, avec un langage oral, des anecdotes, des métaphores, des illustrations, des quizz, des conseils pratiques. Faire rire et pleurer sur les pratiques des citoyens du net. Et un parti pris : ne pas céder à la tentation de parler des phénomènes de mode comme Facebook et Google, mais expliquer plutôt les aspects fondamentaux qu'il y dans les coulisses. Et se laisser plutôt 5 ans que 5 semaines pour avoir digéré ces notions. C'est normal, c'est une transition à faire en douceur, un long voyage intérieur. Prenez un article au hasard, et hop, c'est parti... <ref> Extraits de l'article "e-Culture pour patients et facilitateurs" de Théo Bondolfi et Raphaël Rousseau, paru dans "e-Learning for adults in hospital </ref>
 
 
 
== Essai 1 : abus/peurs ==
 
 
 
On entend de plus en plus parler des dangers de Facebook et des abus de Google pour la vie privée, des risques arnaques, et nouvellement de la cyberintimidation dans les écoles et au travail (menaces, insultes, rumeurs...). Mais ceci ne doit pas occulter le formidable potentiel d''internet pour l'inclusion sociale, pour autant qu'Internet soit utilisé de manière responsable. Pour adapter à la sauce numérique un proverbe que l'on attribue à Beaumarchais : Internet sans conscience n'est que ruine de l'âme.
 
 
 
Aussi, la meilleure manière d'amener à un usage approprié et conscient d'internet, c'est de sensibiliser à
 
la responsabilité individuelle des internautes : comportement respectueux, prévention anti-spam,
 
pratique de la netiquette (codes de conduite sur Internet), développement de chartes éthiques,
 
description des enjeux de société pour favoriser le libre arbitre, encouragement aux liens
 
intergénérationnels (parents « digital migrants » et enfants « digital natifs ») et à la créativité afin
 
d'inclure les populations les plus fragiles dans cette culture numérique. La mission de la fondation
 
Ynternet.org est justement de promouvoir les pratiques durables sur internet.
 
 
 
 
 
En Europe, plus de 8 adolescents sur 10 utilisent Facebook plusieurs fois par semaine.
 
Les demandeurs d'emploi, les séniors et les personnes actives ne sont pas en reste dans l'usage quotidien d'Internet. D'autres outils et plate-forme émergent, les possibilités d'échanges sont décuplées, mais les enjeux restent les mêmes : l'éthique, le respect, l'équité des
 
chances, l'inclusion pour tous. Internet devient une arme sociale. Les régions rurales et de montagne
 
sont aussi concernées.
 
C'est dans ce contexte qu'il est nécessaire d'agir vite et bien d'anticiper les problèmes d'abus qui augmentent et sont largement relayés
 
par les médias dans les faits divers, avec souvent (pas toujours!) un manque de recul qui dessert
 
l'objectif de conscientisation et de débat critique. Des stratégies de ce type sont développées dans de
 
nombreux cantons.
 
 
 
== Essai 3 - La parole volée ==
 
 
 
 
 
Vingt ans après les début de l’informatique grand public, les humains semble avoir adopté l'informatique comme ils avaient adopté la voiture: c'est un vrai désastre.
 
 
 
En résumé, il y a eu conjonction de deux phénomènes :
 
 
 
Phénomène 1 : la puissance de l’informatique.
 
 
 
Les réseaux informatiques, qui sont des systèmes de contrôle des informations financières, sociales, environnementales ou militaires sont donc le plus formidable outil pour doper le développement des richesses. Le premier phénomène est celui d'une accélération globale : la vitesse de circulation des biens et des services, mais aussi la vitesse de réalisation des objectifs, qu'ils soient positifs ou négatifs.
 
 
 
Phénomène 2 : le grand hold-up mondial.
 
 
 
Ce grand hold-up a eu lieu entre 1980 et 2000 environ, dans un nouveau cycle. Les gouvernements ont augmenté les dépenses militaires. Les producteurs d’armes et de services militaires ont reçu l’argent des contribuables en telle quantité qu’ils ont dégagé de grands bénéfices. Avec ces bénéfices, ils ont diversifié leurs activités, notamment en achetant les médias. Aujourd’hui, de nombreux médias, c'est-à-dire les systèmes de production et de diffusion des informations, sont aux mains de lobby militaro-industriels oligarchiques. Or, le rôle des médias est justement de faciliter la prise de conscience des citoyens face aux grands enjeux de société. Et les lobbies refusent que les enjeux soient débattus démocratiquement, parce que cela remet en cause leur pouvoir oligarchique. Les médias se sont donc transformés en services de Big Brother, comme dans le roman 1984 de George Orwell. Nous sommes devenus ce dont nos parents ont tenté de nous protéger dans les années 60 : des consommateurs. Nous avons le sentiment que notre droit à la parole a été volé, au profit d’intérêts pseudo-supérieurs (intérêts des nations) qui nous échappent. Nous avons perdu confiance en la plupart de ceux qui nous gouvernent, et les rares qui se bougent le cul sans peur sont si vite salis et bafoués que cela nous rebute même de se mobiliser. Oui, aujourd’hui les états donnent de l’argent aux fabricants d’armes, et ces derniers utilisent les bénéfices pour contrôler les médias très vite et globalement, grâce aux réseaux informatiques. Oui, la société de l’Information est un désastre social, environnemental, politique, et même économique. La junk-communication règne sur nos quotidiens, et nous avons de moins en moins de choix, malgré l’image de profusion qui se dégage en occident et l’image de pénurie qui se dégage dans les pays de la « périphérie ». C’était déjà comme cela avant l’arrivée des réseaux informatiques, mais les réseaux ont augmentés les fractures sociales, car les réseaux sont une science qui a été utilisée avec trop peu de conscience par des hommes (rarement des femmes) sans scrupule.
 
 
 
== Essai 4: Pourquoi Internet ? ==
 
 
 
Cet ouvrage a été réalisée sous l'égide de la fondation Ynternet.org. A la création d'Ynternet.org en 1998, ses fondateurs ont choisi le symbole de la lettre Y, qui, en anglais, se prononce comme le mot "why", qui signifie "pourquoi". Le message : avant de savoir comment utiliser Internet, il est peut-être intéressant de savoir ... pourquoi l'utiliser.
 
 
 
Saviez-vous par exemple qu'une des principales sources d'inspiration conceptuelle de la création d'Internet, avant même l'école de Palo Alto animée par Gregory Bateson, c'est la réflexion sur l'existence de la noosphère développée par l'artiste Vernadsky et le scientifique Pierre Teilhard de Chardin, qui tous deux furent des humanistes à la croisée des cultures d'occident et d'orient, de la science et de l'art, de la spiritualité et de la physique....
 
Croisements, interconnexions, autant de notions qui nous fascinent, nous passionnent sur le web, pour autant que nous apprenions à les connaître, afin qu'elles ne nous fassent pas peur.
 
 
 
Alors, Internet : bureau de Poste ? Bibliothèque du patrimoine commun de l'humanité ? Outil de contrôle ? Nouveau média où chacun est acteur ? Farce de mère nature qui nous amène à nous bloquer le dos devant un écran pour mieux s'ouvrir à l'autre et à nos qualités intérieures ? Défi émotionnel face au stress des problèmes techniques ? Symbole de la perte d'âme ? Ou au contraire symbole de croissance de l'intelligence collective ?
 
 
 
Si chacun-e à une perception différente de l'écosystème numérique que représente Internet, il doit pourtant bien y avoir des points communs dans toutes ces réponses.
 
C'est un des buts de ce livre : parler des éléments universels d'Internet, qui seront encore valables dans des dizaines d'années.C'est plus qu'un pari. Nous parlons de ce qui était déjà valable il y a 40 ans. Comme le premier blog et le premier réseau social, qui furent créés par Doug Engelbarts dans les années... 70. Eh oui.
 
 
 
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Au niveau de l’usage personnel, l’informatique est mal perçue par la majorité des utilisateurs: beaucoup de pannes, une tendance à contrôler la vie privée, une complication de plus, une dépendance aux machines, un outil peu chaleureux…
 
 
 
Au niveau de l’usage collectif, l’informatique semble être surtout au service d'une oligarchie de puissants qui traitent les informations pour manipuler les masses. La plupart des intellectuels, scientifiques, économistes, qui cherchent un mode d'emploi simple pour que l'informatique soit vraiment au service de l'humanité, n'arrivent pas suffisamment à s'entendre sur des méthodes communes. A part l'e-mail et le téléphone portable qui facilitent les opérations quotidiennes de tout un chacun, l'informatique a surtout facilité la destruction de la biodiversité sur Terre au profit d'un petit nombre. 
Et d'une certaine manière c'est normal, c'est l'apprentissage par l'échec: on tente un truc, on se plante, on fait un bilan, on recommence sur de meilleures bases. Mais cet échec, c’est l’échec de l’humanité. Il ne faut donc pas rester sur un échec, et ce document est là pour contribuer à présenter des solutions viables, compréhensibles, utiles pour le bien commun.

 
 
 
 
 
L’objectif en résumé, c’est de montrer la différence entre la sphère commune à tous, que nous devrions considérer comme un patrimoine et cadre commun pour nos opérations de vie, et la sphère individuelle, dans laquelle nous devrions être seul maître de nos actes.
 
 
 
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== Introduction orientée militante, inspirée du collectif "no pasaran" ==
 
 
 
Au début, les possibilités d'accès à de l'information sans passer par le filtre de l'argent ni par celui des médias offraient des possibilités illimitées. A l'époque, les questions principales qui se posaient au mouvement étaient centrées sur l'accessibilité d'Internet pour les plus démunis, la protection de la vie privée sur la toile, le contrôle des données et la censure étatique. Ces questions sont toujours d'actualité. Avec Hadopi 2, l'État cherche toujours à contrôler les contenus et renforcer la position du monde de l'argent sur le web. Avec la multiplication des fichiers et des bases de données, l'État cherche encore à tout savoir sur nous dans le but de tout contrôler. Déjà leur arguments étaient le terrorisme et la pédophilie. Nous défendions déjà nos libertés et la gratuité. Le combat continue. Une chose que nous n'avons peut être pas vu venir c'est le changement que les nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) allaient produire dans nos vies et dans notre militantisme. Internet, les téléphones portables et le développement des ordinateurs ont complètement changé notre rapport au temps et à l'espace. Qui aujourd'hui est capable de se passer d'une boîte mail pour son travail? Qui se passe de l'utilisation d'un portable? Dans nos pratiques militantes aussi, les nouvelles technologie ont pris une place prépondérante. Qui milite sans accès à Internet ? Comment la forme matérielle peut elle rivaliser avec la rapidité du virtuel? Les gens s'informent-ils encore via les journaux militants, outil central de la constitution d'un groupe politique ? Que reste-t-il alors de la forme d'organisation politique que l'on a connue ?
 
 
 
Il est aussi vrai que les TIC nous ont permis de développer des réseaux planétaires et de démocratiser l'accès à l'information mais l'instantanéité d'Internet nous permet-elle vraiment de réfléchir et de penser global ? Toutes ces questions doivent nous interpeller et nous aider à remettre en cause nos pratiques et nos idées pour évoluer et nous adapter aux nouveaux modes de communication.
 
 
 
  
== Schémas ==
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Dans ce livre, nous proposons une autre option : aborder les enjeux fondamentaux le plus simplement possible, avec un langage abordable, des anecdotes, des métaphores, des illustrations, des quizz, des conseils pratiques. Faire rire et pleurer sur les pratiques des citoyens du net. Et un parti pris : ne pas céder à la tentation de se focaliser sur les phénomènes de mode comme Facebook et Google, mais expliquer plutôt les aspects fondamentaux et invariables de l'arrière-plan.
  
Ecosystème des flux financiers de l'information Citoyens donnent argent à état qui le donne à fabricant d’arme qui le donne à médias qui diffuse les informations castratrices pour les citoyens qui donnent de l’argent à l’état…
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Nous vous conseillons aussi d'être patients et indulgents envers vous-mêmes, et de vous laisser plutôt 5 ans que 5 semaines pour avoir digéré ces notions. Ce serait normal, nous sommes face à une transition à faire en douceur, un long voyage intérieur. Par exemple, prenez un article au hasard, et hop, c'est parti... <ref> Extraits revus et adaptés de l'article "e-Culture pour patients et facilitateurs" de Théo Bondolfi et Raphaël Rousseau, paru dans "e-Learning for adults in hospital"</ref>
(à produire)
 
  
 
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Version du 3 octobre 2011 à 20:40

Cinq ans pour digérer

Débuter sur Internet en 2011, c'est risquer de céder au stress. Alors que faire ? Trembler devant les pédophiles, les arnaqueurs et l'infobésité qui nous guettent ? Tout larguer et redevenir chasseur-cueilleur ? Attendre d'avoir fait inconsciemment plein de bêtises pour constater les dégâts, puis crier au scandale et prendre les « mesures qui s'imposent » ? Ou rester dans l'inertie de son cocon d'amis sur Facebook, où au moins on peut parler de trucs légers, futiles, rigoler un bon coup sans se prendre la tête à analyser l'impact de ses actes.

Dans ce livre, nous proposons une autre option : aborder les enjeux fondamentaux le plus simplement possible, avec un langage abordable, des anecdotes, des métaphores, des illustrations, des quizz, des conseils pratiques. Faire rire et pleurer sur les pratiques des citoyens du net. Et un parti pris : ne pas céder à la tentation de se focaliser sur les phénomènes de mode comme Facebook et Google, mais expliquer plutôt les aspects fondamentaux et invariables de l'arrière-plan.

Nous vous conseillons aussi d'être patients et indulgents envers vous-mêmes, et de vous laisser plutôt 5 ans que 5 semaines pour avoir digéré ces notions. Ce serait normal, nous sommes face à une transition à faire en douceur, un long voyage intérieur. Par exemple, prenez un article au hasard, et hop, c'est parti... [1]

  1. Extraits revus et adaptés de l'article "e-Culture pour patients et facilitateurs" de Théo Bondolfi et Raphaël Rousseau, paru dans "e-Learning for adults in hospital"