L'immatériel contrôle le matériel

De Wiki livre Netizenship
Révision datée du 24 septembre 2011 à 08:26 par Heraclite (discussion | contributions) (Stuxnet, un nouveau type de virus)

Globalisation, effet papillon, interconnexion, information, contrôle, ressources matérielles, matériel, immatériel, ressources immatérielles, société de l'information.


La globalisation des échanges est chaque jour plus importante. Ce que nous mangeons et buvons provient souvent de plusieurs continents. Tout circule très vite. Ça grouille d’avions, de voitures, de bateaux… Cela ressemble à l’effet papillon : le vol d’un papillon dans le désert d’Australie peut provoquer une tempête sur Paris. C’est la loi de la nature, tout est interconnecté. Les humains commencent lentement à s’en rendre compte. Tout, c’est autant le matériel (l’atome, l’être humain, les marchandises, la nature) que l’immatériel (les idées, les informations, les bases de données, la spiritualité…). Qui contrôle les échanges de biens matériels et de services immatériels ? Un peu tout le monde ? Peut-être … mais certains plus que d’autres.

Ceux qui contrôlent la circulation des informations contrôlent les ressources matérielles. La circulation de l’information, c’est la communication. Et comment la contrôler? En définissant des stratégies planétaires et en utilisant les réseaux informatiques pour les imposer. Stratégies politiques, commerciales, sociales ou écologiques, elles sont toutes basées sur des croyances. Par exemple que le monde possède des ressources naturelles gigantesques qu’il faut exploiter pour permettre une croissance économique forte. Ou, au contraire, la croyance que le monde a des ressources limitées, qu’il faut les utiliser avec précaution. On parle alors de développement durable, ou plutôt de pratiques durables (sustainable practices en anglais).

Le matériel est une nécessité : manger de la nourriture saine, boire et se laver avec de l’eau propre, respirer de l’air pur. L’immatériel, c’est l'information pour gérer le matériel. En combinant les réseaux et les ordinateurs, les informations numériques circulent si vite qu’elles ont pris une place centrale dans la société. On parle du 4e pouvoir (celui de l’information), et aussi de la société de l’Information. Ainsi, ceux qui contrôlent les ressources immatérielles peuvent mieux contrôler les ressources matérielles. La propagation du Coca-Cola dans les contrées les plus reculées du globe est faite de ressources matérielles. Mais jamais la gestion des méthodes de productions et de distribution du Coca-Cola n’aurait pu être possible sans un système informatique très efficace dirigé depuis le siège de l’entreprise qui possède l’exclusivité sur cette marque. Les militants sociaux, durant les Forum Sociaux ou les contre-sommets du G8 par exemple, se sont réunis physiquement, ils ont pris des avions, ont brandi des pancartes. Mais jamais leur coordination, avant les rencontres et les sommets, n’aurait pu être possible sans l’usage d’Internet où circulent les informations… immatérielles.

L’immatériel « numérique , électronique », permet de contrôler le matériel physique, les mouvements d’objets et de personnes. C’est un changement fondamental de situation pour l’Humanité. C’est ce changement qui fait que les projets, bons et moins bons, peuvent être déployés si largement et si vite. C’est ce changement que chaque personne qui veut être un citoyen doit comprendre s'il veut être actif dans cette société globalisée. Pourtant, difficile d’être un citoyen actif dans ces conditions, le monde, depuis qu’il est contrôlé par l’immatériel, est un monde complexe, très complexe, avec beaucoup de bateaux et peu de capitaines.


Stuxnet, un nouveau type de virus

Voici un exemple qui illustre la complexité du rapport entre matériel et immatériel. Le virus StuxNet découvert en juin 2010 n'a pas pour but de voler ou manipuler des informations comme la plupart des virus jusqu'alors, mais son objectif est de manipuler des machines et leur production matérielle. [1]

Imprimantes 3D

Un autre exemple est celui de l'essor pris par les imprimantes 3D. Ces imprimantes ne transposent plus une information de l'écran au papier, comme les imprimantes traditionnelles, mais elles produisent des objets matériels. Certaines de ces machines sont même capables de produire elles-même les pièces qui les composent. Elles ouvrent ainsi les portes d'un monde où l'opposition matériel/immatériel n'aurait plus de sens. En effet, la multiplication de telles machines donnerait lieu sans aucun doute à une mutation qui permettrait à chacun de devenir producteur de biens matériels. Là aussi comme dans l'économie numérique on passerait d'une économie de la rareté à une économie de l'abondance. [2]

Sources et notes