Wikinomie, nouvelle clé de la culture collaborative : Différence entre versions

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''wikinomie, partage du savoir, collaboration, [http://groups.diigo.com/group/e_culture/content/tag/wikipedia wikipedia] participation synergique, propriétés du numérique. ''
 
''wikinomie, partage du savoir, collaboration, [http://groups.diigo.com/group/e_culture/content/tag/wikipedia wikipedia] participation synergique, propriétés du numérique. ''
 
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''« Les profonds changements survenus dans les technologies, la démographie, l'entreprise, l'économie et le monde dans son ensemble, inaugure une ère nouvelle, marquée par la participation des individus jusque là inconnue. Cette participation d'un type nouveau a atteint un seuil critique qui permet à des formes inédites de collaboration de masse, de redessiner les processus d'invention, de production, de marketing et de redistribution des biens et des services à l'échelle planétaire »'', écrivent les auteurs du best-seller ''Wikinomics''<ref>''Wikinomics'', Don Tapscott et Anthony D. Williams, 2006, Édition Portfolio, traduit en français chez Pearson 2007</ref>.
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''« Les profonds changements survenus dans les technologies, la démographie, l'entreprise, l'économie et le monde dans son ensemble, inaugure une ère nouvelle, marquée par la participation des individus jusque là inconnue. Cette participation d'un type nouveau a atteint un seuil critique qui permet à des formes inédites de collaboration de masse, de redessiner les processus d'invention, de production, de marketing et de redistribution des biens et des services à l'échelle planétaire »'', écrivent les auteurs du best-seller ''Wikinomics''<ref>'Don Tapscott et Anthony D. Williams, [http://www.wikinomics.com/book/authors.php ''Wikinomics''], Édition Portfolio, 2006, traduit en français chez Pearson 2007</ref>.
 
En guise d'anecdote,  Don Tapscott et Anthony D. Williams racontent notamment comment une petite entreprise d'extraction aurifère, GoldCorp Inc., a pu sauver son chiffre d'affaire par une écoute attentive des mutations en cours. Son PDG, Rob MacEwen, alors sous pression, explique à son conseil d'administration sa nouvelle stratégie. Il a eu la révélation quelque temps plus tôt. En entendant parler du logiciel Linux lors d'une réunion pour jeunes dirigeants, il a découvert comment un certain Linus Torvald a révélé publiquement son code et permis à des milliers de programmateurs anonymes de le corriger et d'y apporter leur contribution personnelle par internet. Il a alors l'idée de rassembler et de mettre en ligne toutes les données géologiques de l'entreprise. Par le biais d'un concours, il lance un appel aux experts du monde entier. Le résultat est au-delà de ses espérances. Rob MacEwen estime que la collaboration a permis d'économiser de deux à trois ans de prospection. GoldCorp récolte les fruits de sa méthode de prospection Open Source. Non seulement le concours a révélé la présence d'importants gisements d'or, mais il a aussi fait passé le chiffre d'affaires de 100 millions de dollars à 9 milliards de dollars! Une histoire qui donne à réfléchir car elle fait voler en éclat un présupposé bien ancré : « Mieux vaut garder le secret! ». Eh bien, pas forcément! Désormais, il y a la wikinomie.  
 
En guise d'anecdote,  Don Tapscott et Anthony D. Williams racontent notamment comment une petite entreprise d'extraction aurifère, GoldCorp Inc., a pu sauver son chiffre d'affaire par une écoute attentive des mutations en cours. Son PDG, Rob MacEwen, alors sous pression, explique à son conseil d'administration sa nouvelle stratégie. Il a eu la révélation quelque temps plus tôt. En entendant parler du logiciel Linux lors d'une réunion pour jeunes dirigeants, il a découvert comment un certain Linus Torvald a révélé publiquement son code et permis à des milliers de programmateurs anonymes de le corriger et d'y apporter leur contribution personnelle par internet. Il a alors l'idée de rassembler et de mettre en ligne toutes les données géologiques de l'entreprise. Par le biais d'un concours, il lance un appel aux experts du monde entier. Le résultat est au-delà de ses espérances. Rob MacEwen estime que la collaboration a permis d'économiser de deux à trois ans de prospection. GoldCorp récolte les fruits de sa méthode de prospection Open Source. Non seulement le concours a révélé la présence d'importants gisements d'or, mais il a aussi fait passé le chiffre d'affaires de 100 millions de dollars à 9 milliards de dollars! Une histoire qui donne à réfléchir car elle fait voler en éclat un présupposé bien ancré : « Mieux vaut garder le secret! ». Eh bien, pas forcément! Désormais, il y a la wikinomie.  
  

Version du 22 juillet 2014 à 17:24

wikinomie, partage du savoir, collaboration, wikipedia participation synergique, propriétés du numérique.


« Les profonds changements survenus dans les technologies, la démographie, l'entreprise, l'économie et le monde dans son ensemble, inaugure une ère nouvelle, marquée par la participation des individus jusque là inconnue. Cette participation d'un type nouveau a atteint un seuil critique qui permet à des formes inédites de collaboration de masse, de redessiner les processus d'invention, de production, de marketing et de redistribution des biens et des services à l'échelle planétaire », écrivent les auteurs du best-seller Wikinomics[1]. En guise d'anecdote, Don Tapscott et Anthony D. Williams racontent notamment comment une petite entreprise d'extraction aurifère, GoldCorp Inc., a pu sauver son chiffre d'affaire par une écoute attentive des mutations en cours. Son PDG, Rob MacEwen, alors sous pression, explique à son conseil d'administration sa nouvelle stratégie. Il a eu la révélation quelque temps plus tôt. En entendant parler du logiciel Linux lors d'une réunion pour jeunes dirigeants, il a découvert comment un certain Linus Torvald a révélé publiquement son code et permis à des milliers de programmateurs anonymes de le corriger et d'y apporter leur contribution personnelle par internet. Il a alors l'idée de rassembler et de mettre en ligne toutes les données géologiques de l'entreprise. Par le biais d'un concours, il lance un appel aux experts du monde entier. Le résultat est au-delà de ses espérances. Rob MacEwen estime que la collaboration a permis d'économiser de deux à trois ans de prospection. GoldCorp récolte les fruits de sa méthode de prospection Open Source. Non seulement le concours a révélé la présence d'importants gisements d'or, mais il a aussi fait passé le chiffre d'affaires de 100 millions de dollars à 9 milliards de dollars! Une histoire qui donne à réfléchir car elle fait voler en éclat un présupposé bien ancré : « Mieux vaut garder le secret! ». Eh bien, pas forcément! Désormais, il y a la wikinomie.

Dans ce nouveau paradigme : celui qui ne partage pas l'information peut s'avérer perdant ! Sa visibilité se dissout dans l'abondance des informations en libre circulation.

« Dans 20 ans, nous considérerons ce début du XXIe siècle comme un tournant de l'histoire économique et sociale. Nous comprendrons que nous sommes entrés dans une nouvelle ère qui a des principes, des conceptions du monde et des modèles d'affaires nouveaux, et dont les règles du jeu ont changé. », (Wikinomics, Don Tapscott et Anthony D. Williams [2] )

Bienvenue dans la wikinomie ! Cette « économie de la collaboration entre groupes humains » repose sur une collaboration sans frontières et un usage intensif des technologies numériques libres et Open Source, à commencer par les sites Wiki[3].

L'un des principaux avantages de la wikinomie est l'économie financière qu'elle permet de réaliser. Si GNU/Linux, un système d'exploitation informatique élaboré à partir d'une base coopérative et volontaire, devait être développé selon des méthodes traditionnelles, cela coûterait aujourd'hui plus de 10 milliards de dollars. Or il a pu être développé à moindre frais, grâce à la participation d'une communauté non seulement engagée, mais également compétente. Il est aujourd'hui de plus en plus utilisé, du contrôle aérien jusqu'aux systèmes téléphoniques en passant par les centrales nucléaires ou certains véhicules automobiles.

Ce nouveau modèle économique s'imposerait peu à peu sur le modèle traditionnel :

« Il a souvent été dit que pour innover, se distinguer et tenir son rang, l’entreprise doit mettre en œuvre les bonnes pratiques : disposer d'un capital humain de qualité, protéger bec et ongles sa propriété intellectuelle, privilégier le client, penser globalement mais agir localement et enfin savoir mener à bien ses projets (grâce à la qualité des contrôles et de la direction). Or, les mutations en cours rendent ces critères insuffisants et parfois complètement inadaptés », écrivent les auteurs de Wikinomics, s'appuyant sur les travaux de l'équipe de New Paradigme, société d'études spécialisée dans les nouvelles technologies qui a mené de nombreuses enquêtes multiclients pour comprendre comment le web change l'entreprise.

La wikinomie s'appuie sur quatre idées phares : ouverture, travail collaboratif, partage et action à l'échelle de la planète. « La nouvelle entreprise co-innove avec tout le monde (en particulier avec ses clients), partage les ressources qu'autrefois elle gardait jalousement, exploite la puissance de la collaboration de masse et ne se comporte pas comme une multinationale mais comme une entité véritablement planétaire. ». Internet est un levier pour faire appel à des communautés : sagesse des foules, l'économie du don, la coopétition, ces notions sont des déclinaisons de la wikinomie. Il en sera question dans les articles suivants. Ce sont autant d'outils conceptuels qui peuvent s'articuler dans de nombreux domaines : social, éducation/université, recherche, et bien sûr économique.

Il y a bien un avant et un après la découverte d'internet. Cette rupture technologique, en permettant une réduction drastique des coûts de production et de distribution de l'information, bouleverse l'ordre économique qu'on croyait bien établi. Avant le numérique, on ne pouvait pas copier et distribuer sans engager d'importants investissements financiers. Les consommateurs ne pouvaient pas agir et influer sur l'innovation des produits mis à leur disposition. La protection des informations par la propriété intellectuelle, était facile à maintenir, et même légitime pour protéger un travail ou un investissement coûteux.

Si la donne est en train de changer, c'est du fait des propriétés des fonctions du numérique, que nous rappelons ici :
- instantanéité (transfert d'informations quasi immédiat) ;
- décentralisation (pas d'instance pivot) ;
- a synchronicité (chacun agit à son rythme) ;
- multilatéralité (échanges de plusieurs à plusieurs) ;
- symétrie (tout le monde est au même niveau).

Toutes ces propriétés fonctionnelles, aussi puissantes soient-elles, ne sont que des moyens. Elles peuvent servir aussi bien des intérêts privés que des intérêts collectifs. La mine d'or de Rob MacEwen, de GoldCorp, reste dans les mains des actionnaires. Alors que l'encyclopédie Wikipédia appartient à tous. C'est là que se situe la frontière entre l'Open Source et la culture Libre.

Participation synergique

Taxonomie de la collaboration par Florence Devouard, licence CC-BY-SA

Ce schéma représente le passage d'une participation individuelle à une participation synergique. Il est applicable à tous les domaines. Plus on a confiance dans la capacité du groupe à produire ensemble une œuvre (mode d'emploi, PV de séance, dossier de présentation d'un projet, définition d'une notion dans une encyclopédie,...) plus on peut tendre vers la synergie. À l'école par exemple, l'enseignant peut demander à l'élève de rendre un travail en lui remettant le document lui-même ou en postant un lien sur son portfolio. L'enseignant peut demander aux élèves de consulter leurs contributions respectives et de s'en inspirer, voire même de s'attribuer des évaluations réciproques qu'il pourra ensuite valider.

Exemple de méthode  : obtenir une ou plusieurs évaluations spontanées de tiers ou de groupes de validation définis à l'avance. Les élèves peuvent aussi produire des projets communs en utilisant par exemple, un Wiki. L'occasion leur est ainsi donnée de « co-créer », de manière approfondie et concrète.

L'enseignant peut également inciter ses élèves à dépasser la simple utilisation de sources en ajoutant à des œuvres collectives leurs contributions essentielles. Ainsi, ils deviennent «  petits contributeurs de grandes œuvres  », plutôt que l'inverse. Ces différentes déclinaisons sont applicables aux secteurs du journalisme, de l'économie ou de la recherche scientifique.

C'est le signal du degré de collaborativité d'une activité.

Histoire vraie : Show me the code !

Issu de l'histoire de l'informatique libre, l'exemple suivant témoigne de nouvelles pratiques imposées par la culture Libre. Linus Torvalds, lorsqu'il a commencé à diffuser le logiciel Linux (1991), recevait de nombreux messages émanant de professionnels de l'informatique. Les uns et les autres lui suggéraient des modifications ou des améliorations, souvent complexes et longues à mettre en œuvre.

Pendant un certain temps, Torvalds fit profil bas : il estimait qu'il aurait tort de ne pas tirer parti de l'expérience de personnes plus expérimentées que lui. Il finit pourtant par se lasser des donneurs de leçons et répondit à ceux, toujours prêts à suggérer mais jamais à s'impliquer, que « Parler ne coûte rien. Montrez-moi plutôt le code » (Talk is cheap. Show me the code).

Il marquait ainsi sa préférence envers ceux qui lui faisaient une proposition solide, accompagnée d'une mise en œuvre fonctionnelle plutôt qu'à ceux qui se contentaient de prodiguer des conseils sans mettre la main à la pâte. Dans la culture Libre, chacun est invité à être acteur, et non simple consommateur. Celui qui fait ou se prend en main a plus de chance de gagner sa place, et donc de générer un revenu que celui qui attend la solution de l'extérieur.

Notes et références

  1. 'Don Tapscott et Anthony D. Williams, Wikinomics, Édition Portfolio, 2006, traduit en français chez Pearson 2007
  2. 2006, Édition Portfolio, traduit en français chez Pearson 2007
  3. Un wiki est un site web dont les pages sont modifiables par les visiteurs afin de permettre l'écriture et l'illustration collaboratives des documents numériques qu'il contient. Il utilise un langage de balisage et son contenu est modifiable au moyen d’un navigateur web