La neutralité des réseaux : Différence entre versions

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''réseaux d'information, neutralité, culture numérique, fournisseur d'accès, protocole HTPP, bien commun.''
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''réseaux d'information, neutralité, culture numérique, fournisseur d'accès, protocole HTTP, bien commun.''
 
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Version du 8 avril 2013 à 12:06

réseaux d'information, neutralité, culture numérique, fournisseur d'accès, protocole HTTP, bien commun.


Net neutrality

Avez-vous déjà entendu parler de la « Net neutrality » ?

Ou pourquoi et comment les réseaux d'informations, auparavant propriétés privées, tendent à devenir de plus en plus neutres ? La neutralité du Net (ou « neutralité des réseaux formant Internet ») est un principe fondateur de la culture numérique. Dans ce réseau, les informations doivent transiter de façon indifférenciée, quels que soient leurs origines, leurs destinations ou leur contenu, sans privilégier un protocole de communication et sans modification et examen du contenu. Un principe à la fois garant de la liberté d'expression... et de la libre concurrence sur internet.

C’est ce principe fondateur qui a permis l’innovation sur internet et l’apparition de nouveaux acteurs de l’économie numérique. Son corollaire est le pouvoir en bout de chaîne qui a permis l’apparition d’acteurs comme Amazon, Google ou Facebook.

Une comparaison. Dans la forêt amazonienne, les coupes d'arbres se font à grande échelle : la conversion de la forêt en terre agricole est de plus en plus rapide. L'explication d'un tel désastre : l'exploitation immodérée des forêts est une source d'argent facile. Parmi ceux qui y participent, tous n'ont pas le luxe de s'offrir une conscience écologique ou citoyenne. S'ils ne coupent pas les arbres, d'autres le feront à leur place, pensent-ils. De la même manière, sur internet, la possibilité de gagner de l'argent est forte. De nombreuses entreprises l'ont maximisée en s'attachant à contrôler les flux d'information. Ainsi, l'abonné d'un opérateur X aura-t-il la possibilité d'accéder aux informations de manière plus rapide que l'abonné de l'opérateur Y. Face à ce risque de dérive, certains courageux tentent de préserver le bien commun dans les environnements numériques, notamment au moyen de la neutralité du réseau. Ils sont à l'image de ceux qui se battent pour la préservation de la nature, notre bien commun, en Amazonie ou ailleurs. Internet est devenu un bien commun de l’humanité. Ici interviennent les enjeux de la neutralité du net.

Inscrite dans la constitution

Le Chili est le premier pays au monde à avoir voté une loi garantissant la neutralité des réseaux. Le projet de loi avait été déposé dès 2007, à l'époque où le sujet était moins médiatique qu'aujourd'hui, par une dizaine de députés de différents bords politiques, et soutenu par le gouvernement. La loi a été largement adoptée, pour ne pas dire plébiscitée, puisque cent députés ont voté en sa faveur alors qu'un seul s'est abstenu. Depuis lors, d’autres pays ont emboîté le pas, les Pays-Bas ont été les premiers en Europe.

Pourquoi internet plutôt que Minitel ?

Pourquoi Internet n'a-t-il jamais rencontré de concurrent sérieux depuis l'an 2000, renvoyant aux oubliettes de l'histoire d'autres initiatives pourtant bien financées comme le Minitel et le vidéotexte ?

Pendant vingt ans, entre 1970 et 1990, à l'exception du courriel, aucun système commun n'a permis le déploiement d'Internet au-delà des sphères militaires et universitaires. Il n'existait aucun système commun capable de proposer l'affichage de documents. Les universités américaines étaient donc impuissantes à partager de manière systématique textes, images ou sons avec des universités européennes, chacune disposant de son protocole spécifique. De nombreux projets d'informaticiens ont proposé un système différent. Qui a gagné ? L'internet, au début des années 1990, dont le développement a été fulgurant. Pourquoi cet usage exponentiel d'internet ? Simplement parce qu'il est basé sur le principe de neutralité des réseaux. Ce qui n'était pas le cas du minitel.

Le protocole d'internet, nommé HTTP, est désormais connu du grand public. Il permet la navigation hypertexte sur le web et est utilisable librement, sans redevance due à qui que ce soit, et respecte le principe de Net Neutrality.

Internet : base commune pour toutes les initiatives

Les fournisseurs d'accès à internet (FAI) sont généralement des sociétés commerciales privées attendant un rapide retour sur investissement. Ils sont aussi souvent producteurs de contenus : sites internet, vente en ligne, fourniture de services vidéo à la demande, etc. Sans une neutralité du Net encadrant leurs pratiques, leur tendance naturelle serait de privilégier les utilisateurs de leurs propres sites et services voire d’introduire des priorités selon les formules tarifaires de leurs abonnés. Le fournisseur d'accès serait un roi sans garde-fou.

Un autre type d'outil est également concerné par la question de la neutralité : le moteur de recherche. Son rôle est très important, car internet est par nature un « grand bazar », non une cathédrale d'informations soigneusement ordonnées et rangées par une autorité centrale. Pour bien communiquer, nous dépendons des moteurs de recherche, qui sont souvent la propriété de sociétés privées à but lucratif. La neutralité du net appliquée à leur activité les oblige à un fonctionnement identique pour toute requête, indépendamment des partenariats ou clients ayant intérêt à se hisser au premier rang des résultats de recherche. À ce jour, le principe de neutralité a été globalement respecté, mais sous la pression de leurs actionnaires, il n'est pas exclu que les dirigeants des sociétés les plus puissantes décident d'enfreindre la neutralité du Net. Le sujet revient d'ailleurs régulièrement dans l'actualité.

Plusieurs indices laissent à penser que le danger de voir disparaître l'un des principes fondateurs d’internet se fait plus précis. Sur la toile, la mobilisation pour défendre la neutralité du Net est très importante[1], mais sera-t-elle suffisante ?

La neutralité du Net simplifiée

Imaginons que la neutralité des réseaux informatiques tel qu'Internet puisse s'appliquer à un autre réseau, très familier, le réseau routier. Sans neutralité, le trafic serait modifié selon :

  • L'endroit d'où nous partons, éventuellement la marque de notre voiture ou encore l'identité de notre employeur ;
  • L'endroit où nous nous rendons, l'endroit où nous comptons loger ;
  • Les motivations qui nous ont fait choisir notre destination : travail, vacances, famille.

Dans une telle hypothèse, on pourrait voir apparaître, entre autres dérives potentiellement infinies :

  • Un partenariat entre la société de gestion de l'autoroute empruntée et l'office du tourisme d'une ville. Dans ce cas, les vacanciers pourraient être privilégiés par rapport au reste des voyageurs (fret de marchandises, particuliers se rendant à leur travail...) ;
  • Un ralentissement artificiel des voyageurs ne faisant l'objet d'aucune mesure préférentielle.

Benjamin Bayart, pionnier français d'internet, a proposé quatre principes essentiels à la neutralité du net :

  • Transmission des données par les opérateurs sans examen de leur contenu ;
  • Transmission des données sans prise en compte de leur source ou de leur destination ;
  • Transmission des données sans qu'un protocole de communication particulier soit privilégié ;
  • Transmission des données sans altération de leur contenu.

Ce à quoi Richard Stallman, militant pour le « logiciel libre », ajoute :

  • Que les fournisseurs d'accès et de services n'exigent pas de l'utilisateur un programme spécifique, ni un équipement particulier. Pour lui, c'est une lutte qui est d'actualité.

Sources et notes

Voir aussi Wikipédia, article Neutralité du réseau.