La rupture technologique : Différence entre versions

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Version du 28 juillet 2016 à 13:23

Notions-clés : transition, rupture, noosphère, internet des objets (IdO), web sémantique, web 2.0, web 3.0, réalité augmentée, logiciel libre, rupture technologique, World Wide Web Consortium (W3C).

Profils-clés : Clayton M. Christensen, Benoît Sarazin, Albert Jacquard, W3C, Bernard Werber IBM.''


Au cours de ses milliards d'années d'existence, la planète Terre a connu de grands bouleversements. La disparition des dinosaures reste un exemple marquant de ces ruptures dites biologiques. Conséquence d'un événement aussi soudain que décisif, cette disparition a été le prélude à une nouvelle ère : une nouvelle donne du vivant.

De même, certaines évolutions technologiques sont tellement bouleversantes, que l’on parle alors de « ruptures technologiques ». Elles interviennent souvent à la suite d'une innovation radicale. De telles ruptures s’imposent d’elles-mêmes, sans investissements commerciaux ni pressions politiques. Elles engendrent généralement des rééquilibrages des pôles de pouvoir, des changements de paradigme.

Ce fut le cas de la roue, de l’imprimerie, de la radio, de la télévision. Parmi les ruptures récentes, on citera le passage de la télévision à l'ordinateur personnel (PC), du téléphone au smartphone, du logiciel qu'on installe sur son ordinateur aux outils 100 % en ligne sur le web (aussi appelé nuage ou, en anglais, cloud computing). Plus largement, il semblerait que l’émergence du numérique dans toutes nos activités quotidiennes, de la régulation des transports à la gestion de nos achats, constitue une rupture technologique majeure, sans doute aussi importante que la découverte du feu ou l'adoption de l’agriculture.

Théo Bondolfi, licence Art Libre

C'est l'usage qui génère la rupture

Le terme de « technologie de rupture » (disruptive technology en anglais) fut introduit et argumenté par Clayton M. Christensen dans son livre The Innovator's Dilemma, publié en 1997[1]. Dans la suite de son ouvrage, intitulé The Innovator's Solution[2], Christensen utilise le terme plus générique d’innovation de rupture parce qu’il reconnaît que peu de technologies peuvent être effectivement dites de rupture ou de continuité. C’est au contraire leur usage effectif qui peut avoir un effet de rupture.

Pour Benoît Sarazin, consultant spécialiste de la question : « l'innovation de rupture consiste en un changement de concept pour les clients. En général, elle apporte des bénéfices radicalement supérieurs à un coût radicalement inférieur. »[3] Ce processus crée de nouvelles habitudes de consommation et d’usage, et de ce fait, bouleverse ou révolutionne un marché existant. Il aboutit à la création d’un nouveau marché radicalement différent et fait de son initiateur la référence à suivre. C'est le cas de l’iPhone : il a bouleversé le marché du téléphone portable en changeant l’usage qui en est fait. Il est devenu la référence que les concurrents sont obligés d’imiter.

« Cette innovation n’est pas obligatoirement technologique. On peut innover de manière disruptive en utilisant des technologies déjà existantes. Pour reprendre l'exemple de l’iPhone, lorsqu’il fut lancé sur le marché, aucune des technologies utilisées n’était nouvelle ».[4]

Que nous réserve le numérique ?

Le scientifique Albert Jacquard aime à rappeler qu'« il faut se résoudre à l'idée que nous sommes assignés à résidence sur la Terre »[5]. Pour le siècle à venir, l'idée de déménager l'humanité sur une autre planète n'est plus réaliste.La terre étant notre unique résidence possible, nous avons tout intérêt à préserver la biosphère, à s’assurer qu’elle reste un environnement fécond, créatif, fertile et ouvert à la différence. Il en va de même pour l’environnement des idées, la noosphère, vu que les idées influencent nos angles de visions du monde, nos croyances, et les décisions qui en découlent.

En verrouillant l'accès à l'information, même partiellement, on crée un environnement défavorable à l'esprit critique, qui bride l’évolution des croyances, pourtant nécessaire afin d'utiliser les sciences avec conscience.

Voici une petite illustration de ruptures technologiques qui ont progressivement permis l’accès pour tous au monde numérique. Chacune de ces petites ruptures sociotechnologiques a suffit pour remettre en question la position dominante des multinationales de la technologie précédente. De 1960 à 1990, IBM était leader incontesté du matériel informatique, à une époque où les logiciels étaient souvent livrés souvent gratuitement avec le matériel. Dès 1975, Microsoft fait son nid dans la vente de logiciels, jusqu’à se hisser en position souveraine dans les années 1990, dominées par le marché des logiciels, tout en ratant son entrée sur internet. Ceci a laissé le champs libre aux moteurs de recherche, et fait le lit de Google, premier leader des services internet. Google fonctionnant en cloisonnant les utilisateurs, qui ne pouvaient pas communiquer entre eux dans un réseau social, Facebook a occupé le terrain en offrant à tous les développeurs la possibilité d'ajouter des applications à son propre réseau social dans cette forme plus évoluée du web nommée web 2.0.

Après le web 2.0[6], on évoque déjà la suite. Mais quelle suite exactement ? En 2015, le web 3.0 n'est pas vraiment défini. En fait, l'expression même est sujette à caution. On la retiendra tout de même car elle permet de désigner sous un terme générique ce que sera la prochaine étape de développement du web.

« L'une des deux thèses dominantes est de considérer le web 3.0 comme l'internet des objets qui émerge depuis 2008 ; l'autre thèse dominante est d'en faire le web sémantique », du moins selon Wikipedia[7]. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

L'internet des objets représente l'extension d'internet à des choses et à des lieux physiques. Alors qu'internet ne se prolonge habituellement pas au-delà du monde électronique, l'internet des objets (IdO) a pour but de l'étendre au monde réel en associant des étiquettes munies de codes, de puces RFID ou d'URLs, aux objets ou aux lieux. Ces étiquettes peuvent être lues par des dispositifs mobiles sans fil, ce qui favorise l’émergence de la « réalité augmentée ».

Ce concept clé de réalité augmentée fait référence à l'émergence d'environnements où les informations sur tout ce qui nous entoure augmentent notre perception de la réalité. Exemple : je marche dans une rue commerçante. Pour chaque magasin ou restaurant que je fréquente, je peux faire un commentaire à l'attention de mes amis et voir ce que mes amis en disent ; je contribue ainsi à faire ou défaire la réputation d'un commerce. Autre exemple : j'assiste à un grand concert, je peux savoir quels sont mes amis présents dans la salle.

Attention cependant à l'intrusion de ces objets connectés dans notre quotidien ! Ils sont aussi la porte ouverte à une dérive vers la surveillance des citoyens, par les États ou des sociétés privées.

Le web sémantique, ou toile sémantique, est un projet collaboratif qui a été initié à l'origine par le World Wide Web Consortium (W3C) qui favorise la compatibilité et l'interopérabilité entre les systèmes de gestion des données. Le web sémantique vise à aider l'émergence de nouvelles connaissances en s'appuyant sur les connaissances déjà présentes sur internet. Pour y parvenir, le web sémantique lie et structure l'information sur internet pour enrichir la connaissance qu'elle contient déjà. En mots tout simples, le web sémantique[8] va nous permettre de trouver encore plus facilement ce qu'on y cherche[9].

Comment s'adapter à cette forte évolutivité ?

La fréquence et l'ampleur des innovations dans le monde du numérique est telle que cela transforme l'humanité de manière encore plus radicale et plus rapide qu'auparavant. On peut même parler d'accélération technologique, ce qui la rend encore plus difficile à anticiper. C'est d'ailleurs une des spécificités marquantes du saut technologique de l'analogique au numérique, avec une succession d'innovations qui engendrent des évolutions d'usages à un rythme effréné et sur un plan planétaire.

Disposerons-nous de technologies qui permettront, comme l'envisage Bernard Werber dans son livre L'ultime secret, de retranscrire nos pensées – la pensécriture – ou d'une intelligence artificielle qui nous permettra de nous décharger de la conduite d'une voiture, qui traduira simultanément les conversations ? Il convient de rester attentif aux intérêts que serviront alors les leaders de ces technologies de rupture. Les technologies peuvent jouer un rôle positif pour le développement humain, elles peuvent servir le bien commun. Cela dépend des produits que nous soutenons à chaque rupture technologique. Donc de la maturité de notre esprit critique.

Il n'est d'ailleurs pas interdit d'imaginer la création d'un indicateur de degré de libération des technologies. Il servirait à vérifier si elles sont ou non au service des biens communs de l’humanité. Certains y travaillent déjà de manière informelle, en débattant des nouveautés technologiques sous l'angle citoyen, notamment dans les communautés du mouvement du logiciel libre.

À défaut de pouvoir prédire l'évolution du numérique, il est plus judicieux d'apprendre à connaître les propriétés intrinsèques des outils apportés par cette révolution technologique. Trouver le fil rouge pour mieux nous adapter, c'est ce que nous vous proposons dans l'article consacré aux cinq propriétés du numérique : « Numérique : cinquième élément ? ».

Les entreprises face aux changements

Selon une étude menée par l'institut de recherche Economist Intelligence Unit en 2012[10], les dirigeants d'entreprises prévoient des transformations radicales engendrées par la technologie dans leur secteur d'activité.

Pour ces dirigeants, les entreprises vont connaître trois grandes évolutions d'ici à 2020. La première a trait aux clients, qui vont jouer un rôle de plus en plus important dans l’élaboration de produits ou de services. La deuxième concerne la structure même des entreprises : elles vont s'orienter vers des structures décentralisées et vont privilégier les environnements de travail virtuels.

Enfin, la plupart de leurs secteurs phares connaîtront de profonds changements en cette première moitié du XXIe siècle. Ils n'auront que peu en commun avec la manière de gérer l'information pour leurs activités quotidiennes du début de siècle. Une transformation bien plus forte que celle du XXe siècle.

Notes et références

  1. The Innovator's Dilemma : The Revolutionary Book That Will Change the Way You Do Business, Clayton Christensen, HarperBusiness (2011).
  2. he Innovator's Solution : Creating and Sustaining Successful Growth, Clayton Christensen, Harvard Business School Press (2003).
  3. Innovation de rupture, définition, Benoît Sarazin (consulté le 11.01.2016).
  4. Benoît Sarazin. Innovation de rupture, définition.
  5. Cinq milliards d'êtres humains dans un vaisseau, Albert Jacquard, Seuil (1987).
  6. Voir l'article [1] Web 1.0, web 2.0, web 3.0, web 4.0, chapitre 2.
  7. Article« Web 3.0 », Wikipedia (consulté le 11.01.2016).
  8. La sémantique est une branche de la linguistique qui étudie les signifiés, soit ce dont parle un énoncé.
  9. Voir l'article Web 1.0, web 2.0, web 3.0, web 4.0, chapitre 2.
  10. Ricoh-europe.com www.ricoh-europe.com L'entreprise au cours de la prochaine décennie technologique Ricoh-europe.com (consulté le 22.07.2014).

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