Malinfo vs Slowinfo : Différence entre versions

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La presse, comme d’autres secteurs, fait face à de nouveaux défis. La concentration toujours plus importante des médias a jeté le discrédit sur leur diversité, sur leur qualité et sur leur objectivité. Volonté de profit, course à l’audience : le journalisme qui permet des gains maximums est celui qui traite de sujets sensationnels. Les stars, les accidents, les nouvelles à consommer sur le champ. Bonnes à jeter juste après. Cette stratégie produit une culture du court terme, de la réaction dans l’urgence, et une économie de la panique. Le journalisme qui cherche des gains maximums, c’est celui qui utilise le « temps de cerveau disponible » des lecteurs et des téléspectateurs en entretenant et en favorisant les collusions douteuses avec la publicité (publi-rédactionnels, journaux gratuits.) Dans cette société du spectacle et du spectaculaire, '''tout se joue dans l’urgence, sans recul.''' Grâce au numérique, d’’autres modèles ont pu voir le jour : blogs, journaux participatifs, médias sociaux qui tous, d’une manière ou d’une autre, permettent une diffusion décentralisée de l’information et l’éclosion d’un journalisme citoyen. « Tous journalistes ! ». Le mot d’ordre a fait frémir une corporation qui craint pour ses acquis et sa survie. Plutôt que s’inquiéter, mieux vaut considérer que le journalisme numérique, même s’il se cherche encore un modèle économique viable, représente une avancée décisive contre la malinformation.
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La presse, comme d’autres secteurs, fait face à de nouveaux défis. La concentration toujours plus importante des médias a jeté le discrédit sur leur diversité, sur leur qualité et sur leur objectivité. Volonté de profit, course à l’audience : le journalisme qui permet des gains maximums est celui qui traite de sujets sensationnels. Les stars, les accidents, les nouvelles à consommer sur le champ. Bonnes à jeter juste après. Cette stratégie produit une culture du court terme, de la réaction dans l’urgence, et une économie de la panique. Le journalisme qui cherche des gains maximums, c’est celui qui utilise le « temps de cerveau disponible » des lecteurs et des téléspectateurs en entretenant et en favorisant les collusions douteuses avec la publicité (publi-rédactionnels, journaux gratuits.) Dans cette société du spectacle et du spectaculaire, '''tout se joue dans l’urgence, sans recul.''' Grâce au numérique, d’autres modèles ont pu voir le jour : blogs, journaux participatifs, médias sociaux qui tous, d’une manière ou d’une autre, permettent une diffusion décentralisée de l’information et l’éclosion d’un journalisme citoyen. « Tous journalistes ! ». Le mot d’ordre a fait frémir une corporation qui craint pour ses acquis et sa survie. Plutôt que s’inquiéter, mieux vaut considérer que le journalisme numérique, même s’il se cherche encore un modèle économique viable, représente une avancée décisive contre la malinformation.
 
Ainsi, il se veut participatif : il cherche à impliquer ses lecteurs – dans le cadre d’une charte de déontologie –, et les incite à faire jouer leur expertise ; associée à celle des journalistes, celle-ci ne peut, en multipliant les regards, que contribuer à l’approfondissement des sujets.
 
Ainsi, il se veut participatif : il cherche à impliquer ses lecteurs – dans le cadre d’une charte de déontologie –, et les incite à faire jouer leur expertise ; associée à celle des journalistes, celle-ci ne peut, en multipliant les regards, que contribuer à l’approfondissement des sujets.
 
Il est multimédias : au texte il permet d’associer le son, l’image, la vidéo, les hyperliens. Un article s’enrichit ainsi de plusieurs degrés de lecture. Nourritures physiques et abstraites se rejoignent : le slow food  partage avec le ''slow journalism'' les mêmes fondamentaux.
 
Il est multimédias : au texte il permet d’associer le son, l’image, la vidéo, les hyperliens. Un article s’enrichit ainsi de plusieurs degrés de lecture. Nourritures physiques et abstraites se rejoignent : le slow food  partage avec le ''slow journalism'' les mêmes fondamentaux.

Version du 2 octobre 2011 à 20:24

pouvoir, presse, médias, journalistes, vigilance citoyenne, journalisme participatif


La presse, comme d’autres secteurs, fait face à de nouveaux défis. La concentration toujours plus importante des médias a jeté le discrédit sur leur diversité, sur leur qualité et sur leur objectivité. Volonté de profit, course à l’audience : le journalisme qui permet des gains maximums est celui qui traite de sujets sensationnels. Les stars, les accidents, les nouvelles à consommer sur le champ. Bonnes à jeter juste après. Cette stratégie produit une culture du court terme, de la réaction dans l’urgence, et une économie de la panique. Le journalisme qui cherche des gains maximums, c’est celui qui utilise le « temps de cerveau disponible » des lecteurs et des téléspectateurs en entretenant et en favorisant les collusions douteuses avec la publicité (publi-rédactionnels, journaux gratuits.) Dans cette société du spectacle et du spectaculaire, tout se joue dans l’urgence, sans recul. Grâce au numérique, d’autres modèles ont pu voir le jour : blogs, journaux participatifs, médias sociaux qui tous, d’une manière ou d’une autre, permettent une diffusion décentralisée de l’information et l’éclosion d’un journalisme citoyen. « Tous journalistes ! ». Le mot d’ordre a fait frémir une corporation qui craint pour ses acquis et sa survie. Plutôt que s’inquiéter, mieux vaut considérer que le journalisme numérique, même s’il se cherche encore un modèle économique viable, représente une avancée décisive contre la malinformation. Ainsi, il se veut participatif : il cherche à impliquer ses lecteurs – dans le cadre d’une charte de déontologie –, et les incite à faire jouer leur expertise ; associée à celle des journalistes, celle-ci ne peut, en multipliant les regards, que contribuer à l’approfondissement des sujets. Il est multimédias : au texte il permet d’associer le son, l’image, la vidéo, les hyperliens. Un article s’enrichit ainsi de plusieurs degrés de lecture. Nourritures physiques et abstraites se rejoignent : le slow food partage avec le slow journalism les mêmes fondamentaux. Parmi les nouveaux acteurs de ce journalisme participatif, on recense, en 2011, Ohmynews, Mediapart, Rue89, AgoraVox, Huffington Post, BondyBlogs, Drudge Report, etc.

Un quatrième pouvoir mis à mal. Tourmentes économiques et éthiques

La presse, comme d’autres secteurs, fait face à de nouveaux défis. La concentration toujours plus importante des médias a jeté le discrédit sur leur diversité, sur leur qualité et sur leur objectivité. Volonté de profit, course à l’audience : le journalisme qui permet des gains maximums est celui qui traite de sujets sensationnels. Les stars, les accidents, les nouvelles à consommer sur le champ. Bonnes à jeter juste après. Cela crée une culture du court terme, de la réaction dans l’urgence, et l’économie « de la panique ». Le journalisme qui cherche des gains maximums c’est celui qui utilise le temps de cerveau disponible des lecteurs et des téléspectateurs en entretenant et en favorisant les collusions douteuses avec la publicité (publi-journalisme, journaux gratuits.) Une société du spectacle et du spectaculaire où tout se joue dans l’urgence, sans recul. D’autres modèles ont vu le jour grâce au numérique : blogs, journaux participatifs, médias sociaux permettant la diffusion décentralisée d’informations et l’éclosion du journalisme citoyen. « Tous journalistes ! ». Un mot d’ordre qui a fait frémir la corporation craignant pour ses acquis, et sa survie. Or, le journalisme numérique, même s’il se cherche encore un modèle économique viable, représente une avancée décisive contre la malinformation. Il est participatif : impliquer le lecteur dans le respect d’une charte de déontologie, faire jouer son expertise, l’associer à celle des journalistes permet de multiplier les regards, d’approfondir les sujets. Il est multimédias : il permet d’associer au texte, le son, l’image, la vidéo, les hyperliens. Un article s’enrichit ainsi de plusieurs degrés de lecture. Nourriture physique et nourritures abstraites se rejoignent donc : le slow food a la même philosophie que le slow journalism.

Exemples de nouveau journalisme participatif : Ohmynews, Mediapart, Rue89, AgoraVox, Huffington Post, BondyBlogs, Drudge Report etc.

Un cinquième pouvoir pour assurer la vigilance citoyenne

24 des 25 plus grands titres de presse sont confrontés à un déclin de leur tirage [1]. Dans un tel contexte, la qualité de l’information ne peut que décliner. Les journaux traditionnels, pour survivre, ont été réduits à des solutions boiteuses et par nature éphémères : augmentation des publi-reportages, soumission aux annonceurs et donc, le plus souvent, autocensure préventive.

La fonction – numérique – crée l'organe – d'information. Pendant que de grands intérêts privés et marchands s’introduisent dans la brèche ouverte par un quatrième pouvoir en crise, le cinquième pouvoir, fondé sur Internet et imprégné des valeurs de citoyenneté, imagine, illustre et organise la mutation de l’information moderne.

Ils ont dit

« Le principe de la liberté de la presse n’est pas moins essentiel, n’est pas moins sacré que le principe du suffrage universel. Ce sont les deux côtés du même fait. Ces deux principes s’appellent et se complètent réciproquement. La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c’est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l’une, c’est attenter à l’autre »
- Victor Hugo, Discours à l'Assemblée constituante de 1848.

Les infos en plus

En 1983, cinquante grandes entreprises dominaient le marché international de l’information. En 1987 elles n'étaient plus que vingt-neuf, en 1990 vingt-trois et en 1997 dix seulement. En 2003, l’industrie mondiale des médias était dominée par un peloton composé de neuf géants, emmenés par Time Warner (47 milliards d'euros de CA en 2008), Disney (36 milliards US$), Bertelsmann (15 milliards US$), Viacom (13 milliards US$) et News Corporation (Rupert Murdoch, 11 milliards US$). En Australie, Rupert Murdoch possède sept des douze quotidiens nationaux. En Italie, Silvio Berlusconi contrôle six des sept chaînes de télévision du pays.

Notes et références

Annexes

Liens externes

Illustrations complémentaires

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